C’était un mercredi bien particulier que le 2 mai 2018, des anciens élèves du programme Hé s’étaient même libérés pour assister au cours d’une personnalité comme on en connaît peu, un Talmid Hakham, un professeur de La Sorbonne. Et oui vous l’avez deviné c’est le très cher Rav Weingort qui nous a honoré de sa présence en nous présentant un cours sur les tables de la loi, un sujet bien approprié en cette veille de Chavouot.

Ce cours s’inscrit dans le cursus du Programme Hé qui forme les enseignants de Kodech à la pédagogie et la didactique des matières juives, tous les mercredis après-midis sur 2 années.

Il était également ouvert aux professeurs de Kodech des écoles parisiennes.

C’est avec une compétence et une maîtrise de connaissances hors pair que le Rav Weingort a apporté une toute nouvelle approche pour les élèves du programme Hé sur les tables de la loi en mettant en lumière une corrélation singulière entre les cinq premiers commandements et les cinq derniers, nous rappelant la différence entre ces deux parties : les cinq premiers étant des mitsvoth entre l’Homme et D.. et les cinq derniers s’appliquant à l’Homme et son prochain.

Avec une pédagogie et une humilité impressionnante , le Rav nous permit peu à peu de découvrir le parallèle entre les paroles de droite et celles de gauche,  le lien entre le 1er commandement et le 6è , le 2è et le 7è, etc…

Voici quelques exemples apportés par le Rav Weingort sur cette corrélation:

  • Au 2ème commandement D… nous dit: « לא יהיה לך אלוהים אחרים»- « tu n’auras point d’autres dieux» et au 7è commandement Il nous ordonne: « לא תנאף» – «tu ne feras point d’adultère » : Lorsque quelqu’un commet un adultère, il décide que personne d’autre que lui-même ne doit lui dicter jusqu’où doivent mener ses pulsions. De la même manière quand une personne sert une idole, il décide lui-même quelle entité servir et refuse que ce soit un dieu hors du monde qui décide à sa place.
  • Au 4è commandement D.. nous dit « זכור את יום השבת לקדשו» – « rappelles toi du chabat pour le sanctifier » et au 9è commandement Il nous ordonne « לא תענה עד שקר»-  «ne pas porter de faux témoignage »:

La bouche sanctifie le שבת par le קידוש. Dès l’instant où nous utilisons notre bouche pou

r faire un faux témoignage nous profanons la קדושה de nos paroles.

Nous avons vu ici quelques « gouttes » du cours de Rav Weingort qui nous a apporté tout cela dans un échange permanent avec les participants, en laissant à chacun la possibilité d’exprimer son avis, sa suggestion, ou encore son désaccord, en prenant même le temps de noter les remarques les plus pertinentes, « בשם אמרו » avec le prénom et, le nom de l’intervenant, nous donnant une belle leçon de modestie et הכרת הטוב.

Cheina Brami

Stagiaire du programme Hé 

 

Ce mois-ci, dans le cadre de notre formation des professeurs de Kodech, une intervention intitulée « installer la relaxation à l’école » a été proposée.

Dans une époque aux exigences grandissantes, les élèves sont sujets au stress et à l’anxiété.

Une sophrologue diplômée est intervenue auprès des enseignants, dans l’optique de les initier à la mise en place de plusieurs techniques, simples et efficaces, ayant pour objectif de développer bien-être et épanouissement, tant des élèves que des professeurs, favorisant ainsi l’efficacité des apprentissages.

L’objectif recherché est de permettre à chaque élève de s’épanouir dans son environnement, sa classe et son école, d’améliorer les relations des enfants avec les professeurs et des enfants entre eux, pour profiter pleinement de l’enseignement dispensé.

L’intérêt de ces méthodes se ressent, tant du point de vue de l’élève, que de celui du professeur, duquel on attend d’être toujours en forme, disponible, patient(e), à l’écoute et calme, une attente bien souvent pesante et génératrice de stress.

Cette approche novatrice entre en dissonance avec la démarche traditionnelle, tout en étant complémentaire à la formation pédagogique et didactique des enseignants.

Sarah LEHIANI

La plateforme numérique d’étude littéraire Linum, expérimentée dans 5 écoles juives, offre de nouvelles fonctionnalités qui permettent d’inclure des élèves dyslexiques dans une classe ordinaire, de personnaliser les activités et de suivre leur progression.

Linum est une plateforme numérique d’étude littéraire qui permet aux enseignants de créer et d’animer en classe des séquences pédagogiques face à un tableau numérique. La plateforme permet de gérer plusieurs classes, d’adresser certaines activités personnalisées à un groupe d’élèves en particulier, de suivre la progression de chaque élève. Les séances peuvent se dérouler en collectif ou en autonomie, lorsque les élèves sont équipés de tablettes ou d’ordinateurs. Ce beau projet est né dans le cadre de l’appel à projets[i] du ministère de l’Education survenu en 2015 autour du numérique et des pratiques innovantes en éducation. Il a été l’un des dix projets innovants lauréats, mis en avant par le ministère.

Linum est né d’un consortium réunissant, outre un producteur de ressources numériques, Tralalère, spécialisé depuis longtemps dans l’éducatif, des laboratoires, comme le LIRDEF à Montpellier, une école comme Les Gobelins à Paris et le Canopé de Créteil.  La plateforme, pensée pour accueillir des ouvrages d’éditeurs ou des textes libres de droit, offre plus d’une dizaine d’activités numériques, et a été expérimentée en 2017 dans 50 classes des Académies de Lille, Créteil et Montpellier.

Suite à cette première phase d’expérimentation, le producteur numérique Tralalere a décidé de développer des fonctionnalités et activités supplémentaires orientées vers les élèves à besoins éducatifs particuliers, élèves dyslexiques, dysphasiques, dyspraxiques, TDAH, Asperger. Tralalere a notamment conçu avec l’expertise de l’association Cognitice une barre de paramétrage, permettant différentes options, comme l’affichage du texte en découpage syllabique, avec des caractères agrandis ou une police de caractère dys. Un pack de 5 contes du monde, accompagnés de séquences pédagogiques clés en main, de niveau cycle 3, avec une approche pédagogique différenciée, est en cours d’implémentation.

Une première séquence autour du conte Juif, «ça pourrait toujours être pire, d’après les paraboles du Maggid de Dubno » est expérimentée actuellement dans cinq écoles juives innovantes (Ohr Ki Tov, l’EJM à Paris, Beth Rivkah et Tsohar à Yerres et Créteil, enfin Beith Menahem à Villeurbanne). Cette séquence a été écrite conjointement par une enseignante de français, Sarah Elmouatassim et une spécialiste des troubles cognitifs, Avigal Amar-Tuillier, enseignante en Ulis-collège. L’expérimentation se déroule tant dans des classes ordinaires CM1, CM2 et 6è, que des classes spécialisées (Ulis-école et Ulis-collège).

Outre la prise en main de l’outil, orchestrée par la société Tralalere, la présentation de la séquence clé en main, les enseignants et directeurs d’établissements ont bénéficié d’une formation autour du numérique comme levier d’accessibilité, dispensée par Cognitice, association militant pour une école inclusive, dans le cadre du CFP du Campus FSJU.

En cours d’expérimentation, ces nouvelles fonctionnalités « dys » de la plateforme Linum, ont déjà suscité des réactions très positives de la part d’enseignants, avides d’apporter de nouvelles réponses aux difficultés de lecture et de compréhension d’élèves, trop souvent en échec dès le plus jeune âge et en grande souffrance.

Avigal Amar-Tuillier

[i] Programme Investissement d’Avenir « Services et contenus numériques innovants pour les apprentissages fondamentaux à l’Ecole »,

La promotion de nos publics reste au centre de nos engagements, aussi Campus FSJU développe son expertise sur la VAE dans ses différents secteurs d’intervention : procédures diplômes sanitaires et sociaux, diplômes universitaires dans le champ de l’éducation, RAEP (Reconnaissance des acquis au sein de l’Education nationale pour le titre de professeur des écoles).

La dernière réforme de la Validation des acquis de l’expérience VAE en élargit les droits et les modalités.

Nous en dressons les grandes lignes :

Plus qu’une seule année d’activité minimum pour accéder à la VAE (contre 3 précédemment).

Désormais, sont prises en compte les activités exercées pendant une durée d’au moins un an, de façon continue ou non, en rapport direct avec le diplôme, pour lequel la demande est déposée.

En pratique, sont éligibles à la validation des acquis de l’expérience l’ensemble des activités suivantes : activités professionnelles salariées, activités non salariées, (auto-entrepreneur…) activités bénévoles ou volontaires, les sportifs de haut niveau, les responsables syndicaux et les élus locaux.

Le décret indique également qu’en matière d’activités réalisées les expériences pratiques réalisées en formation initiale ou continue, sont désormais prises en compte : les périodes de formation ou de mise en situation en milieu professionnel, les stages, ou périodes de formation pratique de contrat d’apprentissage, de professionnalisation ou de contrat unique d’insertion.

Certifications acquises à vie : comme auparavant, la procédure de VAE comprend deux étapes : la recevabilité de la demande de VAE et la seconde étape (rédaction d’un livret d’expérience et passage devant un jury) réalisée par un organisme certificateur qui peut être soit l’autorité administrative qui délivre la certification, soit l’établissement (ou l’organisme) certificateur. Les certifications totales ou partielles sont désormais acquises à vie et non plus pour une durée de 5 ans.

La VAE à l’université

La VAE s’inscrit dans la formation continue des universités. L’objectif de la VAE à l’université reste le même : mettre en parallèle un parcours professionnel avec le contenu d’une formation. Vous avez une expérience consistante dans votre domaine et ne souhaitez pas reprendre des études ou faire une formation mais valider les acquis de votre expérience afin d’obtenir tout ou partie d’un diplôme national (Licence ou Master) proposé par l’université.

La RAEP

La reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle au sein de la fonction publique, notamment l’Education Nationale pour le métier de professeur des écoles (concours réservé).

La RAEP vise à sélectionner les candidats, non plus sur leur parcours scolaire et leurs savoirs « académiques », mais sur leurs connaissances et leurs compétences professionnelles acquises dans une activité salariée ou de bénévolat. Bien sûr, ces acquis doivent être en lien avec le poste sur lequel concourent les candidats.      

 Le service VAE de Campus

En prenant contact avec Campus FSJU, toute personne peut bénéficier d’une information sur les principes, les modalités de mise en œuvre et le financement d’une VAE.

Une Assistance à l’Orientation vers le diplôme le plus adéquat et la recherche d’un financement pour la prise en charge de sa VAE.

Un dispositif d’accompagnement sur mesure et ajusté aux besoins des candidats sera proposé pour conduire sa VAE.

Pour toute information contactez : Lucia Bensimon l.bensimon@campusfsju.org

 

Béatrice Sabaté est la co-fondatrice de la société « Acteurs de lien » qui assure, avec ses équipes, les formations en Discipline Positive de Jane Nelsen dans les structures adhérentes au Campus FSJU depuis maintenant 3 ans.

Psychologue clinicienne et Maitre Formatrice certifiée en Discipline Positive, elle s’est formée aux Etats-Unis ou elle a travaillé une quinzaine d’année en milieu scolaire dans les services d’aide psycho-sociale. A son retour en France en 2010, démarrent  les premiers ateliers de parents, les premières formations d’enseignants puis de formateurs ce qui a contribué à créer en 2012 l’Association Discipline Positive France dont elle est l’un des membres fondateurs.

Aujourd’hui, au sein de la société « Acteurs de lien », elle poursuit son travail de formatrice en Discipline Positive  auprès des familles, des écoles et des entreprises. Cette éducation à la coopération a pour objectif de favoriser le bon fonctionnement du lien dans le vivre ensemble, de stimuler l’intelligence collective et d’aider les jeunes à développer des compétences sociales émotionnelles et civiques pour avancer vers l’autonomie et la responsabilité. L’encouragement est au cœur de cette approche qui propose de travailler une posture éducative à la fois ferme et bienveillante.

Dans les nombreux établissements scolaires ou crèches communautaires où elle a eu l’occasion d’intervenir (Aquiba, Beth Rivka, Crèche Gan Yossef, Maïmonide Rambam, Ohr Ki Tov, l’école juive moderne, Ozar Atorah et d’autres), les équipes ont été conquises par l’approche de la Discipline Positive. Béatrice Sabaté souligne « la bienveillance qui semble caractériser toutes ces équipes, un lien fort à l’enfant mais également au sein de l’équipe et avec les parents. C’est un atout essentiel, un pilier de la coopération ! Reste parfois à conjuguer la bienveillance avec davantage de fermeté (respect de soi, de la situation, du cadre) pour développer une coopération dans laquelle chacun des acteurs trouve sa juste place de façon respectueuse et constructive. Et puis travailler en équipe le langage de l’encouragement, ce langage qui insuffle le courage d’oser, d’essayer, de se tromper, ça donne des ailes !».

En 2013, elle  adapte le premier ouvrage de Discipline Positive de Jane Nelsen : « La Discipline Positive, à l’école et en famille, comment éduquer avec fermeté et bienveillance ». Puis en 2014, ce fut l’adaptation de « La Discipline Positive pour les adolescents » aux Editions Poche Marabout.

Dernièrement, l’ouvrage « La discipline positive dans les classes », destiné aux  équipes  enseignantes  et  éducatives,  propose  une   démarche  ancrée  dans  la  coopération  pour  favoriser  un   climat  propice  aux  apprentissages  scolaires  et  sociaux   tout  en  stimulant  le  sens  du  collectif. Enfin, prochainement, sortira « La discipline positive chez les 0-3 ans ».

Ce partenariat entre Béatrice Sabaté et le Campus FSJU a permis aux établissements d’aborder de manière non traditionnelle la relation à l’enfant et à la discipline en général. Or, ce cadre en plus d’être formateur en soi, permet également aux apprentissages de se déployer dans un environnement psychologique serein. C’est pourquoi, il a semblé important au Campus FSJU de proposer de la manière la plus large cette approche aux encadrants.