C’est une très belle chose, attendue depuis fort longtemps dans notre ville de Strasbourg, que de réunir autour d’une table des enseignants de diverses écoles pour se former ensemble en didactique et aux contenus qui font du métier d’enseignant de Kodech une véritable profession.

En lançant l’idée de proposer sur place aux enseignants des écoles juives de Strasbourg une formation à l’Institut André et Rina Neher, Patrick Peti- Ohayon savait  probablement qu’il s’agirait d’un bel outil d’union et de cohésion pour notre communauté éducative.
Le groupe est composé de sept jeunes enseignants au tout début de leur carrière, qui ont soif d’apprendre et qui ont choisi ce métier pour en faire la trame de leur vie.
Le groupe a démarré en janvier et des formatrices et formateurs de Strasbourg et de Paris sont déjà intervenu dans un programme qui alterne didactique du Tanak’h, conduite de la classe, étude du Rachi et pratique et résolution des problèmes de classe.
Nous avons construit un programme qui va jusqu’au mois de juin et d’ores et déjà on peut dire que le groupe est formé, vivant et dynamique.

Sans aucun doute les écoles Aquiba, Yehouda Halevy et Tachbar auront au travers de ces jeunes maîtres et enseignantes la relève nécessaire pour continuer leurs belle œuvre de transmission.
À suivre donc, à bien suivre !…

David UZAN

Directeur de l’école Aquiba et Coordinateur du programme Hé pour la région Est

 

Didier Léger, est l’un de nos  formateurs de Mathématiques au CFP, depuis la rentrée 2014. Il assure aussi les formations continues du  Campus FSJU. Travaillant depuis de longues années avec son collègue Bruno Napoli, il l’a suivi dans cette nouvelle aventure.

Malgré les difficultés de la vie, il  sait rester positif en toutes occasions. Le temps est précieux et il ne faut pas en perdre un instant.

Son métier, il l’adore, il a même l’impression que ce n’est pas un travail, mais un loisir ! Pourtant, enfant tout n’était pas gagné. Il se fait exclure de son collège, suite à une mauvaise influence. Ses parents sacrifient tout pour sa réussite et l’inscrivent dans une Institution Catholique où il est bien recadré. Seuls deux élèves, dont il fait partie, de sa promotion passeront en terminale C. Dès lors, il sait ce qu’il doit à ses parents et essaie de cultiver l’excellence. Il réussit les IPES (Institut de préparation aux enseignements de second degré), devient élève-professeur,  avec en contre partie des études payées, une signature de dix ans avec l’état. Il sort major de sa promotion, et on lui propose un poste de professeur à l’Ecole Normale de Laon (Picardie), ce qu’il accepte. Une de ses collègues lui dit, dès son entrée, que ce métier de formateur d’enseignants sera « soit pour un an, soit pour la vie » et à en juger par nous-même nous avons la réponse.

En 1980, il s’inscrit à l’un des premiers stages d’informatique organisés par la Direction des Ecoles, et là il a une révélation sur l’impact que pourrait avoir cet outil dans l’apprentissage des mathématiques à l’école primaire. Il achète un ordinateur personnel, en fait acheter un autre par l’Ecole Normale et anime des ateliers avec des normaliens qu’il fait travailler par groupe de 4, à tour de rôle (un groupe sur les machines, un autre à préparer le programme à tester, et permutation). A ce moment-là, la programmation n’est pas autorisée (enfin on y vient aujourd’hui!), alors qu’il sent que c’est là que se trouve le plaisir d’apprendre, avec l’évaluation immédiate par le feed-back de l’ordinateur. Il participe à de nombreux colloques à travers la France organisés par la Direction des Ecoles en tant que représentant Académique dans le dispositif destiné à assurer la cohérence pédagogique des actions conduites en informatique dans l’ensemble des départements.

Lorsque l’Ecole Normale doit devenir IUFM, en septembre 1991, il regrette que la formation ne se dirige pas plus vers le terrain professionnel, mais vers l’Université, en la réduisant, puisque la première année consistait à préparer les étudiants à passer le concours d’entrée : pour lui un gag, et surtout le fait qu’il ne restait plus qu’une année pour se confronter au terrain. Il prend un an de congé de mobilité. Il entre dans une entreprise informatique, mais très vite découvre que ce n’est pas ce pour quoi il se sent missionné. Alors, il se retourne à nouveau vers l’Education Nationale, enseigne deux ans en collège Z.E.P sensibles (Robert  Desnos d’Orly, et Rabelais de Vitry), puis rassuré par ses anciens collègues sur l’ouverture des IUFM vers la didactique, intègre celui de Créteil en 1994.

C’est à l’Hay les Roses (l’un des sites de l’IUFM de Créteil), qu’il s’épanouit le plus avec ses interventions dans les classes d’application de l’Ecole Annexe. Il lance en 1999, ce qu’il appelle le premier « LOFT-MATHS »  sur le principe des émissions de télé réalité (Loft-Story). Il gère en « direct-live » environ 24 stagiaires durant 7 séances filmées (la dernière d’évaluation) durant 3 semaines consécutives dans une classe d’école primaire, où les analyses de pratiques professionnelles se font à chaud (par caméra interposée), puis en débriefing en fin de séance. Quelques années plus tard des collègues le suivront dans cette démarche, qui deviendra ce que l’on nomme aujourd’hui les APP : Analyse de Pratique Professionnelle.

Il aime particulièrement  le travail sur le terrain. Les mathématiques c’est un jeu ! Elles se découvrent et s’apprivoisent par des situations-problèmes (terme utilisé pour la première fois dans les I.O.

(Instructions Officielles) de 1978, et qui a été le moteur de son fonctionnement), des défis « même pas cap de ! », son slogan favori pour haranguer son public), des énigmes, des challenges, des rallyes, des jeux bien-sûr, tout le contraire de recettes, de formules, de théorèmes mathématiques à apprendre par cœur et à appliquer sans bien les comprendre, et qui dans certains cas d’ailleurs sont inadaptés.  Il aime donner le goût à ses étudiants de la recherche, des mises en situation, de ce qui s’apparente à ce qui est tendance aujourd’hui avec la méthode de Singapour, en privilégiant l’aspect manipulatoire et représentatif (schématisation ou image mentale) des situations.

A partir de 2003, ces formations qui avaient lieu en France, puis en Europe s’élargissent à l’international. Il est envoyé de nombreuses fois à Beyrouth au Liban, à Dubaï, à Doha, à Bahreïn pour assurer des formations aux professeurs expatriés ou locaux, dans le cadre de l’A.E.F.E.( Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger) et de la M.L.F (Mission Laïque Française)

Une autre casquette (ou une Toque ?), c’est aussi un passionné de grande cuisine, et sera même quelques temps, inspecteur dans un guide gastronomique (Hauts de France – Belgique), sans savoir pour autant cuisiner : un défi ?, non une gageure pour aborder les chefs!

Un hobby pour terminer : le billard français, ou l’art d’appliquer la géométrie sous le bon angle, sinon c’est perdu !

Les points forts de la formation au Campus FSJU:

Le volume horaire de 96h en Master 1, (identique que celui de l’ESPE de Paris, auquel le CFP Neher est rattaché mais nettement supérieur à celui de l’ESPE de Créteil où il est formateur et dont le volume n’est que de 62h.

L’effectif moins nombreux qui permet une meilleure relation avec chaque étudiant.

Le matériel informatique comme le TNI (Tableau Numérique Interactif)  dans la salle de cours qui permet de visualiser des applications informatiques.

France Nahum-Moatty

 

 

Il ne suffit pas de savoir étudier pour savoir enseigner

On a longtemps cru, et on le croit parfois encore, que le savoir et la passion du savoir suffisent à la transmission. C’est vrai, comme dit le Talmud que ce qui sort du cœur du locuteur, entre dans le cœur de l’auditeur. Mais tous ceux qui enseignent, quelle que soit la matière, sont-ils des passionnés, capables de parler avec leur cœur ? On le voudrait bien, car ce sont ces enseignants qui donnent le goût du savoir et l’envie d’en apprendre encore plus. Chacun a pu en rencontrer au cours de sa scolarité. Mais, il faut bien le constater : ce n’est pas le cas du plus grand nombre. Les motivations peuvent être diverses, espérons qu’elles sont le plus souvent positives. À défaut de passion, il faut attendre des enseignants, qu’ils soient au moins de bons professionnels. Comme c’est généralement le cas pour un métier, cela s’apprend. On ne peut se fier, ni à la reproduction du modèle reçu et vécu, ni à l’intuition pédagogique.

L’enseignant non formé a tendance à pratiquer de la manière dont il a lui-même appris. Cependant, les temps ont changé. Le climat scolaire n’est plus celui que l’on a pu connaître dans notre enfance, même si elle n’est pas si loin. Les rapports au savoir, au maître et à l’éducation d’hier ne sont plus adaptés à l’époque que nous vivons. C’est pourquoi, la création de situations pédagogiques nécessite de l’enseignant, une expertise nouvelle. Les contenus doivent être rendus attrayants et accessibles, face aux habitudes de « zapping » des jeunes d’aujourd’hui. Nos centres d’intérêts ne sont pas non plus, forcément les mêmes. L’accès libre aux savoirs « bruts » nécessitent d’acquérir de nouvelles compétences à l’époque du numérique.

L’intuition pédagogique qui peut être la nôtre prend sa source dans notre rapport au savoir, dans nos pratiques d’études. Or, face à un monde en accélération régulière, elles ne sont pas adaptées. C’est pourquoi, l’apprentissage du métier est encore plus nécessaire qu’autrefois. Pas un apprentissage une fois pour toute, comme si notre savoir-faire était immuable, non, mais un apprentissage continué, renouvelé, actualisé en permanence. Les enfants changent, les données civilisationnelles évoluent, les technologies courent.

C’est pourquoi, un perfectionnement pédagogique est nécessaire trois à quatre fois dans une carrière. C’est par son offre de formation sans cesse enrichie et actualisée que le CAMPUS-FSJU contribue à l’amélioration de la qualité de la vie associative.

Patrick Petit-Ohayon