C’est avec intérêt que nous avons reçu tout au long des mois de mars et avril, des candidats à la formation de formateurs occasionnels. Adressés par leur directeur, lettre de motivation à l’appui, une quarantaine de  candidats se sont présentés. L’objectif de ces entretiens, exposer ses motivations, ses compétences et ses représentations du métier de formateur occasionnel.

Pour nous, il s’agissait de mesurer l’écart entre le désiré et le réalisable. Chaque candidat était porté par son désir de formation, pour lui-même et pour sa communauté éducative. Beaucoup de profils de candidats différents se sont présentés : enseignants de collèges, de lycées, d’écoles élémentaires, maternelles, en hol et en kodech. Chacun portant avec lui un domaine, une matière affectionnée à approfondir et à penser en termes de transmission à des pairs.

Les délibérés ont eu lieu et d’ici quelques semaines nous pourrons proposer à une vingtaine d’enseignants d’apprendre un nouveau métier. La formation se déroulera sur des temps de vacances et de travail afin de perturber le moins possible le bon fonctionnement de l’établissement scolaire dont ils seront détachés.

Au programme 3 blocs d’enseignements :

  1. Devenir un enseignant expert
  2. Apprendre la posture d’un formateur d’adulte
  3. Se perfectionner dans l’expertise d’une matière choisie

Vingt journées égrenées sur deux années afin de mettre en place les processus de changement de sa nouvelle identité professionnelle.

C’est une aventure passionnante que de voir émerger le leadership de notre communauté et d’en être les artisans grâce à la complicité des directeurs et des chefs d’établissement qui osent penser le futur.

Hélène ZRIHEN 

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L’OSM (Organisation Sioniste Mondiale) a très récemment mis en place un support d’enseignement destiné à fournir des outils didactiques et pédagogiques à des professeurs d’hébreu confirmés, via la vidéo conférence. Grâce à cette technologie innovante, ces rendez-vous en ligne, dispensés dans un espace virtuel convivial, ont permis de réunir une trentaine de professeurs qui ont pu bénéficier de la formation à partir d’un appareil connecté et ce, peu importe le lieu où ils se trouvent. Les cours sont donnés à partir d’Israël et réduisent la distance géographique avec le reste du globe.

Les deux premières rencontres de cette initiative ont remporté un franc succès auprès des intéressés qui ont trouvé l’idée très originale, très facile d’accès pour ce qui relève de l’aspect technique (connexion avec un code) et très riche sur le plan des contenus pédagogiques fournis. La durée du cours est d’une heure et demie environ. Une fois tous les participants réunis sur la plateforme, une explication sur le déroulé et le plan du cours peut commencer.

J’ai moi-même en qualité de professeur d’hébreu participé à cette expérience et j’en suis ressortie très convaincue. La première des deux rencontres, organisées par l’OSM, a porté sur la dimension ludique et créative de l’enseignement de l’hébreu, pouvant répondre à des publics très variés, scolaires, oulpan, sans distinction d’âge. Quelques supports pédagogiques en lien avec la thématique du jeu nous ont été exposés et explicités ; ils sont potentiellement adaptables à tous niveaux d’apprenants : débutants, moyens, avancés. L’avantage ou l’inconvénient de ces séquences, chacun en jugera suivant la conception qu’il se fait de l’interaction d’un cours, réside dans le déroulé de celui-ci qui ne laisse pas de place aux interruptions spontanées. En effet si un participant souhaite intervenir pour faire une remarque ou poser une question, ce dernier doit cliquer sur un bouton pour demander la parole, alternative du « levez-le-doigt », et attendre patiemment son tour, cela permet au conférencier de gérer la circulation de la parole et d’optimiser l’efficacité du cours sans perte de temps. Un compte rendu précis du cours est ensuite envoyé aux participants, ce qui permet de porter toute son  attention sur la séance, sans avoir besoin de prendre des notes.

Catherine Brade

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Dans le cadre de notre partenariat et de nos échanges, la Directrice de la crèche Haya Mouchka de Saint Mandé a confié l’organisation de sa journée pédagogique à Campus FSJU et aux bons soins de la Discipline Positive.

Elle a su réunir son personnel au grand complet : professionnels de la petite enfance, psychologue, cuisinière et lingère se sont prêtées avec beaucoup d’enthousiasme aux exercices et ont fait circuler la parole durant toute la formation.

Une journée comme une respiration où l’équipe prend place, cette fois au centre de la crèche, pour mieux retrouver les petits, demain.

Une formation interactive alternant les projections de documents pour faire repérer les notions clés de la discipline positive, ses fondements scientifiques et la co-construction des savoirs et des connaissances en s’appuyant sur l’expérience des situations rencontrées par les professionnelles.

Le concept de discipline positive venu des Etats Unis, s’appuie sur les neurosciences et dans la lignée des grands pédagogues (Freinet, Montessori…) prône l’écoute des besoins et des sentiments de l’enfant, favorisant l’autonomie  et l’expression de soi.

D’entrée de jeu, la formatrice met l’accent sur l’encouragement. Et nous verrons peu à peu comment il s’exprime dans un positionnement conciliant fermeté et bienveillance.

L’adulte est un modèle de compétences sociales pour le petit enfant.

Le travail sur soi, sur son propre positionnement est inhérent à la qualité de l’accueil et au bien -être de l’enfant comme du professionnel.

Des outils simples qui vont permettre un attachement sécure, un relationnel fondé sur la dignité et le respect, dont nous esquissons un petit inventaire :

Les questions de curiosité : comment, qu’est-ce que … qui favorisent l’éveil et la relation

Les choix limités qui structurent l’enfant : des attentes clairement énoncées

Se centrer sur les solutions et faire de toutes les situations des opportunités d’apprentissage

Susciter la coopération  

La  gestion de la frustration : l’auto régulation, le temps de pause,

La validation des émotions

Les professionnelles font équipe : elles participent par petits groupes aux différents exercices, partagent leurs questionnements  et se redécouvrent les unes, les autres.

La journée s’achève sur un exercice de détente. Demain sera un peu différent et sans doute plus apaisé… car l’on peut remplacer l’injonction par la coopération, l’énervement par le dialogue, toujours dans la fermeté et la bienveillance.

Lucia BENSIMON

 

 

Si l’on devait relever un point commun entre l’ORT et l’OFAC ce serait d’emblée, la formation de la jeunesse. L’ORT, qui prône l’innovation, la qualité de l’enseignement, l’identité juive et le vivre ensemble est un établissement reconnu pour rassembler des centaines de jeunes de tous horizons. C’est pourquoi, dans le cadre de notre action de sensibilisation au BAFA, nous avons choisi de commencer par cet établissement. En effet, l’OFAC défend également une volonté d’accessibilité à tout public, tout en gardant la singularité de son identité juive.

Aller à la rencontre des lycéens, les informer des opportunités du BAFA et créer un lien avec la jeunesse figurent parmi les actions que développe l’OFAC. La question centrale de la rencontre s’est cristallisée sur le choix des intervenants. Afin de représenter au mieux l’OFAC, le choix s’est porté sur des formateurs de l’association et des membres actifs du Comité d’Administration. Par leurs expériences au sein des sessions de formation et de leur contact avec la jeunesse dans le cadre de leurs missions, ils représentaient les acteurs les plus à même de réussir cette action.

150 lycéens se sont prêtés à la rencontre avec une pleine adhésion et un vrai dynamisme d’échange. Pendant deux jours, les 25 et 26 avril 2017, les intervenants se sont donné notamment pour objectif de présenter l’association OFAC et la préparation du BAFA, de manière active et vivante. Ils ont été, de fait très bien accueillis et ce sont plusieurs classes de différentes filières des 1ères et terminales, qui se sont succédé pour assister aux rencontres. La première partie de l’intervention était consacrée à expliciter les valeurs et les missions de l’OFAC. En insistant particulièrement sur l’ouverture d’esprit et la tolérance ainsi que sur l’exigence de qualité, requise pour chacun durant la formation dispensée. Quelles sont leurs attentes concernant l’animation ? La question, ainsi posée a généré des réponses plus qu’encourageantes : interactivité, ouverture d’esprit, partage et apprentissage en ont été les maitres mots.

Les valeurs de l’OFAC correspondent bien aux attentes des lycéens et les intervenants ont pu dérouler les différentes actions concernant le BAFA, le BAFD et les formations de formateurs.

Puis, nous nous sommes recentrés sur le BAFA, qui les concerne plus directement : les modalités d’inscription, les trois étapes nécessaires à la validation et ses modes de financement. Il nous a semblé primordial de consacrer du temps au financement de la formation qui représente un réel frein à l’accès au BAFA.  Nous souhaitions nous rendre au contact des jeunes, aussi nous paraissait-il important de répondre à leurs interrogations, et de lever les freins qu’ils pouvaient ressentir.

Par ailleurs, nous avons opté pour le partage d’expériences et présenté les avantages du BAFA, dans ses dimensions tant personnelles que professionnelles. En effet, le BAFA permet d’accéder à une première étape diplômante dans l’animation,  de développer son leadership ou encore d’élargir son cercle de connaissance. Ce sont aussi les propos tenus par un jeune étudiant de l’ORT, titulaire du BAFA, lors d’un échange avec les lycéens. Son témoignage a permis d’appuyer nos discours : la mention BAFA sur son CV a fait la différence lors de sa recherche de stage en lui permettant d’étoffer ses expériences et d’établir un point de contact avec un recruteur.

Enfin, nous avons conclu l’intervention en proposant à notre auditoire de se prêter à un petit test sous forme de jeu afin qu’ils puissent nous restituer les apports de la rencontre. En dépit de la  fatigue, les jeunes n’ont pas hésité à s’acquitter de la demande et à compléter les grilles avec le sourire en bonus !

Aujourd’hui, plusieurs demandes d’inscription des lycéens de l’ORT nous sont parvenues. C’est une première étape que nous désirons poursuivre et faire progresser, pour diffuser l’information au plus grand nombre, recueillir leurs interrogations et faire bénéficier chacun  de nos services.

Abigaïl FEIST

 

OFAC

Il était 28 de la célèbre école Aquiba de Strasbourg à participer du 12 au 19 février dernier un séminaire organisé par Yad Vashem. David Uzan, le directeur de l’école, son adjointe, la directrice du primaire, la responsable du CDI, 23 enseignants de toutes matières confondues et Nicole Berditchewsky la représentante de l’association des parents d’élèves furent présents à Yad Vashem pour un séminaire d’études.

Le premier contact avait été établi en avril 2016 entre David Uzan et l’École Internationale pour l’Enseignement de la Shoah (EIES). Ceci grâce aux anciens participants, Éva Riveline de l’ORT Strasbourg et Élie Elbaz de l’école Yehuda Halévi. Puis, fut organisée en septembre 2016 à Strasbourg une rencontre avec les enseignants de l’école. Ce projet de séminaire pour les enseignants du primaire jusqu’au lycée suscité beaucoup de perplexité et d’appréhension auprès du corps enseignant. Comme on parlait une semaine entière de la Shoah ? Qu’est-ce que les enseignants juifs ont encore  à apprendre dur la Shoah ? Quelle identité juive nous transmettons à nos enfants en leur enseignant ces pages si sombres de notre histoire ?

C’est à Yad Vashem, dans un cadre permettant l’étude et l’échange, que furent développées ces questions par des experts de différentes disciplines : histoire, pédagogie, psychologie, art et théologie. Il était question de présenter le défi d’un juste équilibre entre l’histoire et la mémoire au sein des communautés juives. Ceci pour bien faire comprendre que la tâche est de grande ampleur et qu’elle demande un investissement de chacun. Les enseignants étant, eux, en première ligne.

« Il y a un avant et un après Yad Vashem : une semaine riche, intense, chargée de sens. Des supers camarades de classe aussi ! Une expérience unique qui vous change intrinsèquement, une première étape, une suite reste à donner ! » Laurence Sarfati professeur de français.

C’est depuis 2011 que le département des Institutions Juives de l’EIES travaille conjointement avec le Campus Formation du Fonds Social Juif Unifié (FSJU) pour sensibiliser les écoles Juives à former tous les enseignants un enseignement de la Shoah pluridisciplinaire et responsable. Le relai se faisant avec les directeurs d’écoles qui, de manière engagée, prennent cette tâche comme un projet d’établissement. Les enseignants, s’armant d’outils théoriques et pratiques, dépassent les barrières psychologiques et aiguisent leur esprit critique pour savoir comment faire le choix des bons supports éducatifs.

Courant juillet 2017, nous aurons la chance de recevoir de nouveaux groupes d’enseignants. Un premier groupe d’enseignants de Kodesh en formation au Campus FSJU participera un programme inédit de deux jours à Yad Vashem. Le second groupe participera à un séminaire spécifiquement élaboré pour les écoles du primaire.

Extrait du magazine « Yad Vashem – Le lien francophone » Avril 2017 n°57

YV